La face cachée de l’édition d’un livre

Mis à jour : 25 mai 2019

5 pièges à éviter pour l’auteur idéaliste


(English translation on MEDIUM). Vous avez été nombreux à me demander ce que devenaient les OUKA, ces personnages merveilleux du livre de sensibilisation au changement climatique LE MONDE OUKA SAUVONS LE CLIMAT pour les 4–8 ans (www.ouka.fr)

Ça y est: ils sont DE RETOUR!


Jusque là, je ne pouvais répondre aux demandes, car le monde de l’édition de livres, y compris pour enfants, est un monde bien moins merveilleux qu’il n’y paraît…. Comme je vais vous le conter.


Sur un nuage

En 2015, je suis sur un petit nuage :

- Mon livre vient d’être publié en 4 mois, une performance ! (il faut normalement 12 à 24 mois).

- En plus j’ai trouvé une super mécène, pas besoin de débourser un sou par l’éditeur.

- Il est préfacé par 3 stars de l’écologie : le Prix Nobel J. Jouzel, le futur ministre N. Hulot, et le défenseur des oiseaux A. Bougrain-Dubourg

- Il est remarqué par la classe politique, avec une présentation publique au CESE (Conseil économique, social et environnemental)

- L’UNESCO expose les planches du livre à son siège parisien

- Les mots du livre OUKA OUKA sont projetés sur la Tour Eiffel (oui !!) à l’occasion de la COP21

- J’interviens auprès de 300 enseignants de l’Essonne, invitée par l’Académie

- Je suis invitée dans des écoles en France, Angleterre, Belgique

- On me propose de financer la publication de mon livre dans d’autres pays: Brésil, Italie.

- L’adaptation théâtrale est demandée par des communes avant même son existence

- Je suis invitée dans des festivals du livre en France

- J’obtiens une couverture de la presse (Libération, Le Parisien) et des médias (reportage de RTBF — TV nationale belge, France 2, France 3 région, Ushuaïa TV)


Enthousiaste, j’appelle donc mon éditrice pour capitaliser sur toutes ces opportunités.

5 leçons tirées de la publication chaotique de mon livre


Madame Fleur, des éditions Bazouka (bien sûr les noms ont été changés !) m’avait paru des plus philanthropes quand je l’avais rencontrée « Nous, éditeur, on est là avant tout pour les auteurs. En plus on reverse une partie de l’argent à une asso en Inde. Et puis moi j’ai assez d’argent, je ne fais plus ce métier pour ça ».

Je reviens donc vers Madame Fleur : « Vous avez vu tous ces événements, vous allez m’aider ? »

- Vendre des livres : « non, j’ai déjà fait un événement avec vous et je n’ai pas que votre livre »

- Financer le voyage pour que je vende les livres : « non, on n’a pas les moyens »

- Autoriser les asso pour faire la traduction pour les écoles au Brésil et à l’expo universelle en Italie : « non, même si vous avez obtenu un sponsor pour financer ce livre, je veux récupérer plus d’argent (en tout cas je ne cèderai pas comme ça) »

- Envoi presse, libraire, bibliothécaire : « non, c’est à vous de le faire, on l’a mis dans le contrat »

- Le livre dans les FNAC et les hypermarchés : « non, mon distributeur fait tout ce qu’il peut, mais il n’est pas assez gros et votre livre n’est pas assez intéressant ». Ah bon ? Mais alors pourquoi l’avoir publié ? Réponse : « Par générosité, je vous ai fait une fleur ». Sacrée Fleur… Réponse réelle : cela agrandit le catalogue de la maison d’édition qui s’en sort sans avoir mis un sou, grâce au mécène qui l’a financé (et avec en prime des droits cédés pour 75 ans dans tous les pays, y compris les adaptations).


Leçon numéro 1 de l’auteur en devenir : ne jamais croire sur parole… et regarder attentivement les détails du contrat.

Moi qui croyais qu’une fois le livre publié, avec tout mon enthousiasme et mon dynamisme, on était sur la voie du succès : c’est la douche froide ! Publier un livre avec un éditeur ne garantit absolument pas sa promotion.


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© 2019 by Carole Stora-Calté

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