L’émerveillement, une clé pour protéger l’environnement?

Mis à jour : 26 août 2019



Mon fils adore les trains. Pour ses 4 ans, nous sommes allés au Swissvapeurparc. C’est un parc où circulent des dizaines de trains miniatures, s’arrêtant dans des gares et des villages miniatures aussi. Je le regardais s’extasier, les yeux plus gros que la tête. Il a vite remarqué que les trains ne suivaient pas tous le même parcours. Il voulait essayer tous les circuits, monter sur chaque train. Le bonheur.


Des classes d’enfants sont arrivées, en course d’école. Des plus grands. Certains se bousculaient pour monter sur le train, se mettaient debout, tendaient les bras pour toucher les décors, au risque de les abîmer… Les employés ont dû les réprimander. Ces plus grands ont-ils au moins vu le parc? Que sont devenus leurs yeux pétillants?  Où est passé leur émerveillement? Est-ce la société qui les leur a volés, les remarques excédées de leurs parents? Est-ce que quelqu’un ou quelque chose a éteint leur soleil intérieur, ou sont-ils simplement devenus « grands » ?


Emerveillement. Aimer-veillement. Aimer de façon éveillée. En conscience. Ou aimer-vraiment... L’émerveillement, c’est cet état qui nous met en pause devant ce qui nous émerveille. Qui nous arrête, pour le regarder tout entier, le reconnaître, l’admirer. Les amoureux connaissent cet état. L’émerveillement, c’est un premier pas vers l’amour, ou l’adoration, ou encore le bonheur.  

Nous l’oublions parfois, pris par la suprématie de la performance, de l’utilité. Nous croyons même souvent que la lucidité, voir les choses telles qu’elles sont, exclut l’émerveillement. « Je ne suis pas pessimiste, je suis lucide » me disait une amie. 


On voit ces deux approches s’affronter jusque dans les méthodes de rangement de la maison: certains disent qu’il faut débarrasser tout ce qui n’est pas utile. Tu ne l’as pas utilisé pendant une année? Alors donne-le. Alors que d’autres conseillent de se débarrasser de tout ce qui ne nous met pas en joie. L’important, ce n’est pas ce qui nous est utile, mais ce qui nous rend joyeux. Au risque de se trouver devant le défi de retrouver la joie que nous procure notre cuillère, sans quoi nous n’aurons même plus de vaisselle! Cela change tout, dans notre rapport au monde et à nous-mêmes.


L’important ne serait plus de nous sentir utiles, d’être rentables, mais de trouver ou d’apporter de la joie. Même si sûrement, au bout du compte, ce qui nous apporte de la joie est ce qui nous est le plus utile, pour notre vie et pour le bien du tout. La beauté de la nature, par exemple, nous est au bout du compte bien plus utile que nous ne le croyons. C’est quelque chose que nous redécouvrons dans nos potagers, depuis que nous avons compris l’importance des fleurs pour les insectes et des insectes pour les fruits et légumes. 


Si l’on en revient à ces jeunes « blasés », qui faisaient les fous sur les trains miniatures, nous pourrions parler de leur apprendre le respect. C’est d’ailleurs un lightmotiv dans les discussions des gens, ces « jeunes » qui ne « respectent rien »... Pourtant je crois que c’est l’émerveillement qui leur manque/ qui nous manque le plus. Aux jeunes et aux moins jeunes. Nous ne détruirons plus les forêts, nous ne déverserons plus les déchets dans les rivières, nous ne soutiendrons plus l’élevage intensif, lorsque nous nous émerveillerons à nouveau devant un escargot, un poisson ou une abeille. 


Redécouvrir le monde, les autres, la nature, les animaux, avec les yeux pétillants des petits enfants. C’est peut-être là un enjeu majeur de la crise climatique. Je crois que plus que jamais, nous avons besoin du regard des enfants, de leur innocence, de leur façon si simple de donner de l’affection. Chez eux, pas de raisonnement, pas de calcul, juste le coeur! Ecoutons-les, regardons-les, embrassons-les… Laissons-nous contaminer par leur joie et leur spontanéité!


Camille Mermod

www.2051.ch


© 2019 by Carole Stora-Calté

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